CONSEILS PRATIQUES · 5 MIN DE LECTURE
Le masséter : ce muscle que l’on serre sans toujours s’en rendre compte
On pense assez facilement à relâcher ses épaules lorsqu’elles sont tendues. Pour la mâchoire, c’est beaucoup moins évident.
Et pourtant, il suffit parfois d’y prêter attention quelques secondes pour s’en apercevoir : les dents sont serrées alors qu’on ne mange pas, la mâchoire reste contractée pendant que l’on travaille, que l’on conduit ou que l’on se concentre.
Sur le côté du visage se trouve un muscle particulièrement puissant : le masséter.
Et lorsqu’il travaille beaucoup, il peut finir par se faire sentir.
Le masséter, à quoi sert-il ?
Le masséter fait partie des principaux muscles de la mastication.
Il se situe sur le côté du visage, entre la pommette et l’angle de la mâchoire. Il intervient chaque fois que nous fermons la bouche, mâchons ou serrons les dents.
Il est assez facile à repérer : posez deux ou trois doigts sur le côté du visage, devant l’oreille et juste au-dessus de l’angle de la mâchoire. Serrez doucement les dents pendant une seconde. Vous allez sentir le muscle se contracter sous vos doigts.
Relâchez et la différence est tout de suite perceptible.
Pourquoi peut-il devenir si tendu ?
Parce qu’en dehors des repas, nous pouvons continuer à solliciter ce muscle sans vraiment nous en rendre compte.
Certaines personnes serrent les dents lorsqu’elles sont concentrées, contrariées ou sous pression. D’autres le font pendant leur sommeil. Parfois, ce n’est même pas un serrement très fort : la mâchoire reste simplement maintenue, alors qu’elle pourrait être au repos.
À force, le masséter peut rester plus contracté qu’il ne devrait l’être.
Le stress peut favoriser ce type de comportement, mais il n’explique pas tout. Le bruxisme, par exemple, est plus complexe et peut avoir plusieurs causes. L’idée ici n’est donc pas d’essayer d’en déterminer l’origine soi-même, mais simplement de prendre conscience d’une zone que l’on sollicite parfois beaucoup.
Et sur le visage, qu’est-ce que cela change ?
Lorsqu’elle reste contractée, la mâchoire peut donner une impression de bas du visage plus dur ou plus fermé.
On peut aussi ressentir une tension au niveau des joues, de l’angle mandibulaire ou parfois des tempes.
Chez certaines personnes qui sollicitent fortement leurs masséters sur une longue période, le muscle peut également gagner en volume et rendre le bas du visage visuellement plus marqué.
Mais il ne faut pas tout attribuer au masséter : la forme du visage dépend bien sûr de nombreux éléments.
Ce qui nous intéresse ici est beaucoup plus simple : redonner un peu de souplesse à un muscle qui a tendance à rester contracté.
Le geste à faire chaque jour
Commencez par retrouver le masséter en serrant très légèrement les dents pendant une seconde, puis relâchez complètement.
Posez ensuite deux ou trois doigts sur le muscle et effectuez de petits mouvements circulaires, lentement.
La pression doit être présente, mais confortable. Il n’y a aucun intérêt à appuyer fort ni à chercher une zone douloureuse.
Pendant le massage, essayez aussi de laisser les dents légèrement décollées. Cela évite de continuer à contracter le muscle que vous êtes justement en train d’essayer de relâcher.
Continuez pendant 30 à 60 secondes de chaque côté. Vous pouvez travailler un côté après l’autre ou les deux en même temps.
À quel moment le faire ?
Il n’y a pas vraiment de moment obligatoire.
Le soir est souvent agréable, surtout après une journée passée à travailler, conduire ou se concentrer. Mais vous pouvez tout aussi bien faire ce geste à un autre moment si vous sentez que votre mâchoire est tendue.
L’important est surtout de rester dans quelque chose de simple. Il n’est pas nécessaire de prolonger le massage pendant plusieurs minutes pour qu’il soit intéressant.
Qu’est-ce que vous pouvez en attendre ?
Le premier changement est généralement une sensation.
La zone peut sembler plus souple, la mâchoire moins maintenue et le mouvement plus confortable.
Visuellement, un visage moins contracté peut aussi paraître plus détendu. C’est logique : lorsque l’on cesse de serrer, l’expression change légèrement.
En revanche, mieux vaut rester réaliste. Une minute d’automassage ne va pas remodeler le visage ni faire disparaître un masséter très développé.
L’intérêt de cette gestuelle est ailleurs : apporter du confort, assouplir ponctuellement la zone et surtout apprendre à reconnaître plus vite le moment où l’on recommence à serrer.
Ce qu’il faut éviter
Appuyer davantage n’apporte pas forcément davantage de résultat.
Si le muscle est sensible, la pression doit au contraire rester légère.
Et lorsqu’il existe une vraie douleur, des blocages, une difficulté à ouvrir la bouche, des craquements douloureux ou un serrement important des dents, l’automassage ne suffit pas à lui seul. Dans ce cas, mieux vaut en parler à un dentiste, à un médecin ou à un professionnel formé aux troubles de la mâchoire.
Une petite habitude très simple
Ce que j’aime dans cette gestuelle, c’est qu’elle ne demande ni matériel ni véritable organisation.
Mais surtout, elle attire l’attention sur quelque chose que l’on ne remarque pas toujours.
Une fois que l’on sait où se trouve le masséter et ce que l’on ressent lorsqu’il est contracté, on commence souvent à repérer beaucoup plus vite ces moments où la mâchoire se referme sans raison.
Et finalement, le geste le plus utile n’est peut-être pas toujours de masser.
Parfois, c’est simplement de s’en apercevoir … et de relâcher.